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pariah 6 : Bodhan Chlibec, Cendres sous la neige, traduit du tchèque par Petr Zavadil et Cédric Demangeot.

De l’auteur, pas de biographie – on est sous les radars – mais on en sait assez pour voir, dans la nuit sans fin, dans un hiver sans fin, un spectre venir d’une contrée où l’homme est rare, définitivement.

Bodhan Chlibec publie peu : Une cour en hiver et Une chambre obscure ont été édités chez Fissile en 2016. Cendre sous la neige, qui date de 1992, est pour la première fois traduit en français.

Le livre trouvera ses lecteurs au gré des errances de nos éditions.

On traversera les pages comme une de ses campagnes maudites et humiliées ; pays où l’on n’arrive jamais ; planète de silence où le détachement vis-à-vis du réel est nécessaire si l’on veut encore bien croire en un peu de lumière… Mais c’est pâle, et toujours cruel… Il faut alors tout un symbolisme détruit, puis passé au crible éthique d’un témoin lucide pour que le constat de Chlibec sur l’existence se matérialise en poème : les rues sont désertes et pleines de fantômes, l’abandon y est quotidien. Et sont vaines aussi les fusées de détresse : la brume et le gel ont fait tout cesser, ils ont pénétré les choses et les êtres jusqu’à un point de non-retour. On est dans un environnement qui fait mourir, mais des sillons se croisent, jusqu’à l’écriture – ultime action contre le dépeuplement.

« Il y a des gens / enfermés dans leurs journées / qui ne sont pas verticaux pour autant. »

(…)

« La cloché fêlée a refait le son / des clous qu’on enfonce. »

(…)

« Je quitte mon abri, / devant la porte la pluie me voile les yeux, / je serre un peu plus mon manteau, / il bruine. »

18 pages, format A5, couverture noire et vierge, édition non-bilingue, tirage limité : 100 exemplaires,  isbn : 978-2-9563155-5-1, 5 euros, envoi possible (+2 euros de frais de port), janvier ou février 2019.

pariah 5 : Amandine André, Impossessions primitives

On peut lire d’Amandine André Quelque chose (2015) et De la destruction (2016) parus aux éditions Al dante.

Impossessions primitives est l’allégorie d’une danse la plus libre qui soit ; libre car les deux mouvements qui composent le texte sont générés par le degré zéro de l’enchantement. Ils sont les mouvements involontaires qui engendrent sans cesse d’autres mouvements au- dehors et au-dedans d’eux-mêmes et dont le point de départ individuel, l’écriture, appelle des corps : une communauté chorale qui exprime son unité à travers le déploiement d’un phrasé dont l’amplitude est l’anonymat. Expression d’une séparation originelle aussi, Impossessions primitives fait sourdre la langue pour dire notre corporéité la plus tangible.

Acte de résistance, interférence, brouillage, Impossessions primitives ou névralgie dans la guerre de la communication, sensorium en lutte contre les fausses paroles de notre temps.

« L’âge que l’on a nous pousse vers l’envers pour nous faire mourir dans un ventre qui ne nous a pas vu naître »

« Je suis un texte logique J’ai des cibles J’avance (…) Je suis un texte stratégique et affectif »

« C’est une musique que tu parles en moi j’entre dans ce moi que j’ignore et le poème va vers ce qui ne lui rappelle rien »

23 pages, format A5, couverture noire et vierge, tirage limité : 100 exemplaires,  isbn : 978-2-9563155-4-4, 5 euros, envoi possible (+2 euros de frais de port), octobre 2018.

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pariah 4 : David Huguet, Entre autres choses nerveuses

Ce texte est à l’image d’un empilement d’observations, on dirait des notes arrachées à la fatigue. Mutilation de la présence qui nous conditionne tant : l’ensemble impose alors sa vérité lapidaire…

La langue / nous est donnée / comme un mur

(…)

Linéations douloureuses d’être / qui étripent autant qu’elles forgent // à qui hésite, n’aura rien passé // l’appui // cette grêle

David Huguet a publié Orage métis, chez fissile, dans la collection « maigre » ainsi que dans le second numéro de la revue Conséquence.

18 pages, format A5, couverture noire et vierge, tirage limité : 100 exemplaires,  isbn : 978-2-9563155-3-7, 5 euros, envoi possible (+2 euros de frais de port), octobre 2018.

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pariah 3 : Nicolas Behal, Abattis de monde

Une syntaxe d’arc électrique selon Nicolas Behal du défunt Collectif Musiques Radicales, syntaxe à l’œuvre déjà dans Taire fantomal publié chez fissile dans la collection « maigre » en 2016.

Seize brûlis, seize poèmes, tantôt cassures tantôt crevasses. Une acéphale immanence sous-tend cette écriture qui surgit de derrière les parapets : la page et le langage. Et quelques coups plus bas, ce sera dans le chaos et la dissonance que l’on verra les traces furtives d’une vie possible au beau milieu de l’effondrement, mais à condition de rage.

« a corps / a su parler (…) à l’heure du bloc / revenu de / dans son interdit re / venu de / l’horizon porc (…) que la vie abîme dépassée / avoir été rat / au fermoir »

20 pages, format A5, couverture noire et vierge, tirage limité : 100 exemplaires, isbn : 978-2-9563155-2-0, 5 euros, envoi possible (+2 euros de frais de port), juin 2018.

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pariah 2 : Justin Delareux, parloar

« Un processus de sédimentation qui ne se stabilise jamais » de Justin Delareux : revue PLI (Pour une Littéralité Incendiaire), Extrait des nasses (Al dante), La laisse (DomaineM).

L’omniprésence du pronom nous dans parloar exprime un rapport de force, une prise de parti qui serait diffuse et erratique. Il s’agit peut-être de parvenir à restituer le nous d’une communauté sans cesse perdue et sans cesse retrouvée. Un nous fait de singularités quelconques, sous plusieurs couches de catastrophes : d’où les ruptures, les changements de directions et les échos que de tels gestes impliquent face à une condition carcérale élargie désormais à tous les champs de l’existence.

comparaître devant chaque matin / notre commune condition / comparaître devant chaque regard / nous allons disparaître

(…)

oui le poème échoue / mais c’est dans la réalisation de l’échec qu’il devient praticable / d’un échec prémédité / pensé, un échec désiré / mis en acte

18 pages, format A5, couverture noire et vierge, tirage limité : 100 exemplaires,  isbn : 978-2-9563155-1-3, 5 euros, envoi possible (+2 euros de frais de port), avril 2018.

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pariah 1 : Cédric Demangeot, Rappel à l’émeute

Quelques derniers poèmes de l’inventeur de la revue moriturus, des éditions fissile, et des livres : Malusine (Grèges), Sale temps (Atelier La Feugraie), Ravachol (Barre parrallèle), Autrement contredit (Fata Morgana)…

Ici, pas de revendications, pas de programmes, pas de méthodes. Mais des torsions, et des convictions. La politique y est mouvement brutal de la vie : des réminiscences parviennent à sortir d’une gorge à étages et des vers rongent le temps pour mieux « aller à l’homme ».

froisserie matinale.  ras bord, évènement, / cascade : occasion de sourdre – en inquiétude / & clarté.  occasion de se taire.  occasion / ratée.  d’où : manie dorsale.  manière de / coupable, de rongeur.  grise monnaie d’ / ossements dans le colimaçon de ma / prière centrifuge.  écho de personne (…) / explicite à déraison.

18 pages, format A5, couverture noire et vierge, tirage limité : 100 exemplaires, isbn : 978-2-9563155-0-6, 5 euros, envoi possible (+2 euros de frais de port), janvier 2018.

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